05 novembre 2017

Voler sur le canapé

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Cela fait un petit moment qu’Ulysse est sur le dos, dans le canapé Togo, en train de s’étirer sans que l’on comprenne exactement ce qu’il fait.
« Et là, tu fais quoi ? »
« Je me tire sur les pieds pour me décoller du sol… »
« Mais comment ça te décoller du sol ! »
« Oui, si j’arrive à tirer suffisamment sur mies pieds, je suis sûr que je peux réussir à voler, un petit peu. »

De repenser à ce que Christian Boltanski dit des artistes, en présentant son travail à des étudiants de Normal Sup : « La différence entre vous et moi, c’est que moi je peux affirmer que le ciel est rouge ce soir et vous vous ne pouvez pas le faire. »
Chez les artistes, il faut croire pour voir. Chez les intellectuels ou les scientifiques, il faut voir pour croire.

Ulysse est encore un enfant qui se jette sur un canapé, agrippe ses pieds et tire bien fort dessus. Il croit qu’il va voler. La preuve, il tire de plus en plus fort sur ses pieds. Et s’il ne décolle pas encore, c’est sans doute qu’il ne tire pas assez fort.
Bien sûr qu’il y croit. Son esprit l’emmène plus loin que le canapé du salon.

Très souvent, les enfants arrêtent de dessiner librement quand ils apprennent à écrire. Jusqu’à 6 ans, les enfants passent un temps infini à dessiner. A dessiner des poissons bleus, des soleils en marguerite, des chevaux rouges… et puis tout s’arrête avec l’apparition de l’écriture. Avec l’apprentissage qui formate. Pas facile d’échapper au formatage. Mais par moment, les enfants arrivent à le contourner… ils arrivent à croire qu’ils sont à deux doigts de pouvoir voler.

« Bon, tu sais quoi, on va faire une photo, et on va regarder si tu voles ! »
« Et puis là, tu vois, on va passer l’image en négatif, ce qui est noir devient blanc… comme si tu volais ! »

 

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Catégories: Divers, Société | Laisser un commentaire

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