10 juin 2017

Une glace à l’eau

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« Nous voulions utiliser le contraste entre la jolie forme de la glace et l’eau polluée à l’intérieur, pour permettre à la société de comprendre l’importance des ressources en eau potable »

Hung I-chen, Guo Yi-hui et Cheng Yu-ti, trois étudiants de la National Taiwan University of Arts, à Taïwan, ont réalisé une gamme de 100 glaces composées de différentes eaux usées et polluées de leur région.

Le projet s’intitule Polluted Water Popsicles (Glaces à l’eau polluée) et a été nominé pour le Young Ping Desing Award. Afin d’être préservées, les glaces sont recouvertes d’une projection de résine polyester. On trouve ainsi des glaces au plastique, aux déchets, aux particules. Au plomb, au mercure, ou encore à l’arsenic.

Toutes les créations sont alors enveloppées dans des emballages attribués en fonction de la nature et de la provenance des composants.

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Ce projet a permis aux étudiants de voir leurs créations exposées en mars 2017 au World Trade Center de Taipei, la capitale de Taïwan.

Rendre visible notre quotidien contaminé par la pollution.
Et c’est bien toute la difficulté que nous rencontrons pour sensibiliser le public à la dégradation du climat, à la dégradation de l’environnement. Le climat c’est abstrait, c’est loin dans le temps et loin géographiquement. On ne le voit pas et cela échappe à nos sens. Tant que nous ne serons pas touché physiquement, personne ne bougera.

Une glace cornet en train de fondre, la planète en train de fondre… le visuel de la campagne WWF était fort mais lointain. Ce n’est pas notre quotidien, c’est une affaire de planète. Ce n’est pas l’échelle humaine.

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Voir la chronique [ Le climat, on verra demain ! ]

Les chiffres s’accumulent sans que l’on visualise leur impact. Les graphiques se superposent, les courbes évoluent. Les dossiers s’empilent.

En 2014, une étude scientifique quantifiait la masse de plastique qui pollue l’écosystème marin et menace la chaîne alimentaire. 269 000 tonnes de déchets plastique composées de plus de 5 000 milliards de particules de toutes tailles flottaient sur les océans.

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On avait déjà réagi en découvrant au Vietnam des sucettes aux insectes. Des fourmis, des scorpions… Et oui, il va falloir s’y faire, il va falloir aller chercher des protéines ailleurs que dans le bœuf ou le poulet.

Une glace, une simple glace à l’eau, attire notre regard. Ce sont les particules, les morceaux de plastique qui nous en disent tellement plus que tous les articles parus dernièrement dans la presse.

Tenir un bâton de glace devant soi pour enfin prendre conscience de l’état de notre environnement. Cela coûte infiniment moins cher que d’aller chercher des tonnes de morceaux de banquise, comme a pu le faire Olafur Eliasson au moment de la COP21.

?ice watch paris? Olafur Eliasson - Place du Pantheon

Voir la chronique [37°2/38°2]

D’un côté 12 morceaux d’icebergs placés en cadran que l’on va laisser fondre, de l’autre une simple glace dont on ouvre le papier d’emballage pour découvrir que cette glace est tout simplement impropre à la consommation.

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On est passé de l’abstrait, du conceptuel à notre quotidien ici et maintenant.
L’état de pollution de l’eau dans le monde, je le tiens, tout simplement au bout de mon bâton, là, sous mes yeux.

 

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Catégories: Peinture . Art, Société | Laisser un commentaire

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