12 avril 2017

Une campagne du XXe siècle !

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La campagne officielle des élections présidentielles 2017 a commencé ce lundi 10 avril, soit deux semaines avant le premier tour.
C’est 80 000 panneaux d’affichages qui sont prêts à recevoir les affiches des onze candidats.

 

Ce qui frappe immédiatement c’est que toutes les affiches se ressemblent.
Tous les candidats se présentent de la même façon. Un portrait de face, souriant, sur fond neutre. Très peu de mots, très peu de décors.

Ces onze affiches ressemblent aux vignettes Panini que l’on collectionnait enfant.
On regroupait minutieusement les différents joueurs de l’Équipe de France de football. On échangeait Dominique Rocheteau contre Michel Platini.
On ne connaissait pas tous les joueurs et ils se ressemblaient tous avec leur maillot de couleurs. Le nom changeait, ça permettait de les distinguer.

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« 67% des Français ressentiraient de la déception, du dégoût ou de la colère face à la campagne présidentielle de 2017 ». Un sondage sur Franceinfo.
Est-ce que les affiches peuvent modifier ce ressenti négatif ?

Avant même d’aller plus loin, on devine qu’il n’y a pas d’idée, pas de créativité, pas de vision dans ces affiches.
Des candidats qui ne donnent que peu d’envie pour demain, on est scotché au présent.
Souriants, ils sont tous souriants, de bons copains… interchangeables… de les voir alignés… ils laissent indifférents.

Toutes ces candidates et candidats sont banalement comme nous, alors que l’on parle de destin présidentiel !

On les devine presque résignés et pour le coup le slogan de chacun est à mille lieux du candidat. Le plus caricatural étant François Asselineau et son « Un choix historique », mais finalement, ils sont tous sur ce registre, leur prétention n’est plus à la hauteur des mots scandés.

Benoit Hamon est sympathique, sans aucun doute, mais « Faire battre le cœur de la France » c’est fort, ça demande plus que de la sympathie.
S’il n’était pas embourbé dans ses affaires, l’affiche la plus cohérente serait celle de François Fillon. Classique, sans aspérité, mais cohérente. La plus catastrophique reste Nicolas Dupont-Aignan imaginant pouvoir remettre la « France debout » avec un portrait impersonnel de commercial.

Tout cela sent fort le consensus mou où tout le monde donne son avis et l’on tranche pour le non choix.
Les communiquants ne veulent plus prendre de risque, on est clairement dans de l’eau tiède. Les candidats n’ont pas réussi à prendre le pouvoir et imposer leurs idées.

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Que l’on repense à Mitterrand en 1988 pour saisir la distance !
Ou plus près de nous les affiches de Ségolène Royal en 2007.
Personne ne se permet ça aujourd’hui.
Imaginez, une candidate de gauche utilisant un gros plan en noir et blanc avec des bandeaux rouges… marquant la gauche !
Ou même un visage, une seule couleur… le rouge !!!

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On va prendre le temps de regarder ces différentes affiches.
En portant une attention particulière aux détails puisque pour ce qui est des éléments basiques (le portrait, la couleur, les mots), tout est en place de façon assez similaire.

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Emmanuel Macron

Cette affiche est une surprise, elle ne correspond pas à ce que l’on pourrait attendre d’un candidat jeune (39 ans), développant un programme nourri de nouveauté et de modernité. Emmanuel Macron est peut-être le moins souriant des onze candidats ce qui, là encore, ne correspond pas du tout à l’image qu’il donne dans les médias où on lui reproche même son enthousiasme surjoué. On attendait un candidat En marche et l’on se retrouve avec l’image d’un homme figé entre le flou de l’arrière plan et nous.

Autre différence, importante… et oui, c’est le seul au milieu d’autres personnes, comme s’il était très accessible. C’était le parti pris des deux candidates de la dernière élection municipale de Paris. Nathalie Kosciusko-Moriset parlait avec les parisiens quand Anne Hidalgo paraissait très naturelle, invitant les parisiens à la rejoindre avec un grand sourire.

Emmanuel Macron regarde légèrement au dessus de nous, comme s’il était un cran devant, et que les gens le suivaient.
Classique et naturel, il est dans une ville, dans une rue au milieu de la foule.

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Autre différence, Emmanuel Macron est le seul a avoir choisi un format carré pour l’image, rompant ainsi avec le traditionnel format portrait. Valérie Giscard d’Estaing, en 1974, avait été chercher Lartigue pour sa photo officielle à l’horizontal.
Format carré en 2012, pour Raymond Depardon qui avait photographié François Hollande dans les jardins de l’Elysée

Intérêt du format carré, pas de parti pris mais une grand efficacité… ce qui correspond bien au positionnement politique de Macron.
Inconvénient, c’est le visage le plus petit des affiches 2017.

« Macron Président » pas de prénom, on associe le nom à la fonction présidentielle. C’est le seul à faire ce choix dans les « grands candidats ».
En 2012, Marine Le Pen avait opté pour cet énoncé performatif.

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« La France doit être une chance pour tous. » On retrouve le slogan de Jacques Chirac de 1995 : « La France pour tous »
Et même le « Président pour tous les français » d’Alain Poher aux élections de 1969. Un candidat ni droite/ni gauche.

Une couleur, le bleu clair, que l’on retrouve sur un large  bandeau inférieur.

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L’affiche du premier tour de Lionel Jospin en 1995 était elle aussi composée avec un bandeau bleu/vert.

Une typographie, le Gill Sans minuscules, dessinée en 1928 par Eric Gill et utilisée pour le métro londonien.
On ne peut pas dire que graphiquement, l’affiche soit « En Marche ». C’est même assez pauvre.
Pas de logo ou de mention d’un parti.

 

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François Fillon

Un modèle de ce qu’est une affiche de campagne présidentielle française classique.
Tous les codes sont en place. Cadrage légèrement de 3/4, costume bleu marine, cravate sombre, chemise claire. C’est l’affiche de François Hollande 2012 sans le village à l’arrière plan. Avec un vrai travail photographique de profondeur de champ, le net/flou, qui fait ressortir le candidat. Flou de l’épaule qui permet une transition douce avec l’arrière plan.

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C’est typiquement une posture de chef d’état.
On pense à la photo officielle du futur candidat. C’est la photo officielle de J. Chirac dans les jardins de l’Elysée, recadrée.
Une belle stabilité de l’ensemble avec une lumière chaude de fin de journée.

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Un léger sourire qui correspond bien au candidat.
Pas ou peu de retouches, les rides de l’expérience ont été conservées, la maturité. Donc un ensemble qui met en confiance.

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« Une volonté pour la France ».
On aurait pu trouver quelque chose de plus précis, LA volonté à la place de UNE volonté qui est assez indéfini. Et là encore, on retrouve la campagne de J. Chirac en 1988.
Le slogan de la Primaire a été changé suite aux débordement d’affaires concernant F. Fillon.
C’était devenu compliqué d’assumer « Le courage de la vérité » quand on est couvert de casseroles sur la vérité.

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Graphiquement classique dans la typographie blanche, tout majuscule.
Pas de logo ou de mention d’un parti, Les Républicains.

Peut-être la plus réussie des onze.

 

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Marine Le Pen

Ça ne va pas, on sent un rafistolage ce qui, de la part d’un parti qui fait attention aux détails, est très étonnant.
Le sourire n’est pas naturel, il est forcé. Et puis surtout, ce décalage énorme entre une image de séduction féminine et le slogan « Remettre la France en ordre »
Ordre et séduction, c’est un binôme compliqué. Ce n’est pas le visage que l’on a l’habitude de voir de Marine Le Pen.
En 2012, elle avait trouvé quelque chose qui la démarquait des autres candidats. Une certaine douceur, une séduction qu’il n’y a plus dans l’affiche de 2017.

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Ses yeux, son regard et le col brillant de son chemisier, pourquoi ce choix ?

Et puis le prénom, uniquement. Marine simplement. Il faut dire que Le Pen est assez lourd à porter.
Mais pour la stature, ça ne fonctionne pas, une présidente ce n’est pas une copine. Quand on parle d’Angela Merkel, on dit souvent Merkel, jamais Angela.

On est en face d’elle, dans un tête à tête. Une discussion.
Fond dégradé de gris qui met en avant la blondeur de ses cheveux.

Il y a de la détermination dans son regard.

La rose bleue comme identité, cela personnalise et adoucit plus que la flamme fasciste. Il y a bien évidemment une forme de récupération de la rose socialiste.

Graphiquement, il y a un élément intriguant, l’étiquette bleu marine « en 5 ans » comme s’il s’agissait d’un produit, d’un service, quelque chose de très marketing, « Satisfait ou remboursé » c’est inhabituel et presque promotionnel. C’est un détail qui n’en est pas un, soyons certain que beaucoup de gens vont le voir sans comprendre vraiment mais en se disant que c’est qualitatif !
C’est osé mais efficace. Et là encore, cela en dit long sur le souci du détail.

 

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Jean-Luc Mélenchon

Une affiche posée, calme, qui contraste avec la fougue et l’élan du candidat de la France Insoumise.
On est à l’extérieur sans savoir s’il s’agit de nuages ou de la mer en arrière plan.

Un arrière goût de ce qui reste un modèle du genre, « La force tranquille » de F. Mitterrand en 1981.

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Pas de ciel bleu ou de verdure chez J.-L. Mélenchon, on est ailleurs. C’est quelqu’un qui inspire confiance et qui va nous parler. Ce n’est pas l’image d’un président que l’on a en tête. Sans cravate ni veste bleue comme les autres.

En 2012, il regardait au loin sur un fond rouge comme Lenine sur les affiches de la Révolution d’Octobre. L’affiche était comme un panneau de signalisation avec sa typographie blanche sur l’aplat rouge, avec cette injonction « Prenez le pouvoir ». Quelque chose de très contrasté, alors qu’aujourd’hui, c’est plutôt apaisé et presque décalé avec le slogan « La force du peuple ».

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Sur l’affiche de 2017, le rouge n’est présent que dans le phi, ce sigle philosophique qu’il a accolé à son nom et à la France Insoumise.

Graphiquement, c’est efficace, mais c’est surtout dans le choix des détails qu’il surprend car on ne l’attendait pas sur ce terrain. Cette affiche ne ressemble pas à l’affiche d’un candidat de gauche. Il y a une sagesse philosophique inattendue.

 

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Benoit Hamon

Le candidat du « futur désirable » est souriant, presque trop.
On ne voit que ça et cela attire trop l’attention au point d’en faire oublier l’importance présidentielle de l’affiche. C’est un candidat sympa qui n’arrive pas à incarner la fonction. C’est ça qui est étrange, son sourire est peut-être le plus authentique des onze candidats. Le cadrage donne l’impression qu’il entre ou qu’il sort du cadre. Est-ce qu’il nous tend la main… peut-être.

Le slogan « Faire battre le cœur de la France » sur fond rouge, une touche de gauche sur cette affiche où rien n’indique le parti ou le bord politique.

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Graphiquement plus faible que les affiches de Benoit Hamon pour la primaire où l’on retrouvait l’esprit des affiches de Ségolène Royal. Le noir & blanc nui donnait une tout autre présence.

 

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Nicolas Dupont-Aignan

La plus grosse tête. Un cadrage photo d’identité standard. Il y a un problème de distance comme quand on parle à quelqu’un qui est trop près et que l’on sent un malaise.

Trop prêt, trop souriant, ce qui ne colle pas à la posture présidentielle. « Je ne vote pas pour un ami avec qui je peux discuter en lui donnant des tapes dans le dos. »
Trop commercial, on dirait qu’il vend des voitures ou des assurances. On n’y croit pas.

Là encore, ce n’est pas une affiche pour un président mais pour un maire.
Et puis le paysage à l’arrière plan, on ne sait pas trop ce que c’est. C’est indéfini et daté.

« Debout la France ! » Quand le slogan est aussi le nom du parti, il y a une confusion qui sonne mal.
Autre confusion avec ce slogan, le rappel de l’affiche de Jean-Marie Le Pen durant la campagne présidentielle de 2007.
« Relevons la France ! »

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Graphiquement, c’est on ne peut plus standard tout en étant mal équilibré. Ça se veut sérieux mais sans la maitrise de l’affiche de F. Fillon. Un petit candidat qui cherche à faire grand candidat plutôt que d’être lui même. Il se veut proche des gens mais n’est nul part. Le dégradé du fond, on a l’impression d’être chez un photographe de centre commercial.
Pas de logo ou de mention d’un parti.

Sans doute la plus mauvaise affiche.

 

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Philippe Poutou

Cette fois ci c’est rouge et ça saute aux yeux. Le rouge de la gauche.
Là pour le coup, la symbolique des couleurs politiques est parfaitement respectée. Il s’agit bien d’un candidat anticapitaliste.

La photo est volontairement non travaillée. Trop contrastée, elle est prise sur le vif, on peut imaginer une photo de manif, devant des banderoles. C’est la photo d’un militant syndicaliste. Ce n’est pas lui qui se met en avant pour la présidentielle, c’est une photo de lui dans une manif ! Pas d’ambition particulière ni de destin présidentiel. On ne voit pas ses yeux dans l’ombre, ce qui est toujours gênant.

On retrouve la même affiche, mêmes éléments qu’en 2012. Le NPA a refait la même photo, pas rasé. La lutte continue camarade, on ne baisse pas les bras ! 5 ans après, il faut toujours crier : « Nos vies pas leurs profits ! »

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« Nos vies pas leurs profits ! » Le slogan est celui du NPA et ne personnalise en rien le candidat. Et effectivement, le logo NPA est bien présent ce qui confirme que c’est la candidature d’un parti, pas celle d’un homme.
Slogan en haut de l’affiche pour reprendre les codes du tract de rue.

Après le débat à onze où Philippe Poutou a dynamité la soirée, on voit bien qu’il s’efface sur l’affiche, il n’est pas rieur. Quand on se souvient de son débit, on ne peut qu’être étonné de sa bouche fermée, lui le candidat qui parle plus vite que son ombre et qui ne bénéficie pas d’immunité ouvrière.

« Votez Philippe Poutou »
Le seul à utiliser le mot VOTEZ (avec Nathalie Arthaud) qui a disparu des affiches depuis plusieurs campagnes présidentielles.

Graphiquement, c’est confus et amateur, un mélange de caractères typographiques… et cette forme de bulle pour le slogan comme s’il parlait. Il se retrouve coincé entre les différents éléments graphiques.

 

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Nathalie Arthaud

Quelle que soit l’élection, les affiches de Lutte Ouvrière ne changent pas, c’est même devenue une marque de fabrique. On a remplacé la photo d’Arlette Laguiller par celle de Nathalie Arthaud. Le code couleur en accord total avec l’ancrage à gauche toute.

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Comme pour P. Poutou, une photo « amateur » prise lors d’une manif.
Et toujours ce style affiche tract programme, illisible. On ne s’arrête pas pour lire une affiche avec autant de texte. Avec une signature de la candidate en bas.

« Faire entendre le camp des travailleurs avec Nathalie Arthaud »
Le parti passe en priorité avant la candidate qui n’est là que pour porter l’idéologie du parti. Ce qui prime, c’est faire entendre la ligne du parti, ce n’est pas de mettre en avant la candidate.

Graphiquement, c’est à la fois pauvre pour une affiche présidentielle, mais parfaitement conforme et fidèle aux tracts distribués régulièrement à la sortie des usines. Il n’y a pas de confusion possible, il s’agit bien d’un agrandissement de petit format que chaque ouvrier connait par cœur. La forme s’adresse directement aux personnes concernées.

 

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Jacques Cheminade

Le candidat n’a pas de regard, et ça ne pardonne pas, on ne sait pas de qui il s’agit. L’absence de regard l’éloigne.
Le cadrage est entre deux et ça pose la question de la distance. Ce n’est pas quelqu’un qui nous parle mais plutôt un candidat photographier au zoom, lointain. Il doit être en situation de marcher, mais l’absence de fond ne permet pas de lire cet effet.

« Se libérer de l’occupation financière » Le slogan est fort mais impersonnel. Où est Jacques Cheminade là dedans ? C’est lui qui libère ? Il nous accompagne ? On ne sait pas. Les deux mots Libérer et Occupation résonnent par rapport à la guerre, Libérer la France de l’occupant, c’est De Gaulle qui parle, sauf que là, c’est un quasi inconnu.

Graphiquement ça ne fonctionne pas comme une affiche, c’est plus proche de la couverture d’un livre avec un titre.
L’accroche prend beaucoup de place (comparé à Benoit Hamon).
L’utilisation des minuscules accentue cet effet. Mais c’est une affiche qui se distingue des autres avec la couleur jaune d’or du titrage.

Pas de logo de parti.

 

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François Asselineau.

Encore une affiche classique qui ressemble à celle de F. Fillon. Mais le 3/4 n’en est pas un.

Techniquement la photo n’est pas bonne, le candidat est trop éclairé, là encore il suffit de regarder l’affiche de F. Fillon pour voir la différence. Il est plaqué sur un fond de nature flou… il n’y a pas la temporalité qu’il y a chez F. Fillon.

Une mauvaise photo qui se veut officielle. C’est une affiche de maire et pas de président de la République.

« Asselineau Président », comme pour Macron Président, pas de prénom. Un côté photo d’identité neutre.

« Un choix historique » C’est tellement impersonnel que l’on ne sait pas de quoi il s’agit. Et puis, il y a un décalage énorme entre cet inconnu du grand public et l’accroche, on imagine De Gaulle façonnant l’histoire.

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Dans la pré-campagne, il avait fait de vrais choix avec une couleur, un turquoise bien à lui, et un slogan très personnel, « Le candidat du Frexit (même si tout les électeurs ne sont pas au courant de la signification du mot Frexit !). On a le sentiment qu’il a abandonné ce qui lui donnait une personnalité pour faire plus affiche présidentielle.

Graphiquement c’est pauvre.
Pas de logo ou de mention d’un parti.

 

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Jean Lassalle

Ça pourrait être un livre « Le temps est venu » de Jean Lassalle.

C’est le seul candidat qui ne se présente pas de face ou de 3/4. Il reprend l’attitude de J.-L. Mélenchon en 2012, regard vers le lointain.
Ou de Bruno Lemaire pour les Primaires de la droite.

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Un cadrage typiquement politique idéologique, en contre plongée, l’homme providentiel qui regarde son destin d’homme présidentiel.

C’est une gueule, la seule vraie gueule des onze affiches.
C’est encore l’affiche de Sarkozy 2012, du capitaine de bateau, mais Jean Lassalle est berger, peut-être que ça manque un peu de nature de Pyrénées, le fond gris est froid et citadin.

On voudrait bien lui poser la question : Le temps est venu de faire quoi ? De penser quoi ? C’est très mystérieux cette histoire. D’autant qu’il nous parle au présent et regarde le futur, comme un contre-temps troublant.

Au moins, là aussi, l’affiche se distingue, mais pas sûr que les raisons soient bonnes.
Pas de logo ou de mention d’un parti.

 

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Onze affiches et l’on sent que l’on est au bout d’une époque, les affiches n’intéressent plus grand monde.

Il suffit de repenser au débat télé à onze pour constater que la campagne d’affichage a tout gommé, tout lissé. Plus de dynamitage de Philippe Poutou. Plus d’aspérité entre les candidats, plus de différence. Plus de réaction inattendue de Nicolas Dupont-Aignan. De punchline de Jen-Luc Melenchon. Là, sur les panneaux, ils sont tous plus ou moins interchangeables.
Les affiches ne font qu’aggraver ce que l’on reproche aux politiques depuis des années, de recycler encore et toujours les mêmes schémas, les mêmes pratiques, les mêmes slogans vides de sens.

Plus de logo, plus de parti, plus de décors, ni d’atmosphère. Il n’y a plus que l’homme, la femme. En gros plan, de face, en train de sourire. Et qui nous ressemble…

On est resté au XXe siècle, personne n’a compris que l’on a pris un cap. Que l’on a changé de siècle.

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