07 mars 2017

Porno-chic, le retour !

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On croyait en avoir fini avec la surenchère du porno-chic des années 2000. Quand Terry Richardson nous expliquait qu’il échappait à la vision stéréotypée de la sexualité dans la photographies de mode. Qu’il y avait, bien évidemment beaucoup de second degré derrière tout ça… et puis un brin de provocation.
Et puis bon, il fallait être un peu détendu du string !

Les publicités pour Tom Ford, Gucci, Dior, American Apparel, Dolce & Gabbana, Sisley,… alors bien sûr qu’il y avait des réactions indignées, mais en attendant on parlait des marques. Et puis les choses s’étaient calmées.

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Et puis non, quinze ans après, on retrouve comme une envie d’y revenir.
Une fois de plus, la tentation de relâcher le string.

À quelques jours du 8 mars, de la « Journée Internationale des Droits des Femmes », c’est Saint Laurent qui s’y colle en affichant sur les kiosque parisiens, deux publicités avec des filles en patins à roulettes.

L’une écartant les jambes bas résille. Même à Amsterdam, les filles en vitrine n’adoptent pas ce genre de posture provocante.
L’autre, très amaigrie, affalée sur un tabouret, les bras ballants, toujours bas résille, en attente de se faire pénétrer. Difficile de voir autre chose !
Sous la photo, la signature de la marque : Saint Laurent.

Cette campagne a été réalisée par le duo de photographes néerlandais Inez and Vinoodh, qui avaient déjà fait le teasing de la première collection d’Anthony Vaccarello.

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Une images de femme totalement soumise, un objet sexuel répondant à du fantasme de publicitaire.

Une image terriblement dégradante, et une réaction du public très rapide. Tweets en cascade, plaintes déposées (plus de 100) et action dans les boutiques de la très chic rue Montaigne.
De son côté, la maison de haute couture n’a pas souhaité communiquer sur cette campagne.

Quel est le but recherché par Anthony Vacarello, le nouveau directeur artistique de Saint Laurent dont c’est la première saison après Hedi Slimane ?
Marquer les esprits, indiquer clairement le changement d’image ?
On ne sait pas bien tellement tout ça paraît d’une vulgarité assumée. Est-ce qu’il s’agit de faire du « bad buzz », de provoquer pour faire parler ?

Alors bien sûr qu’Yves Saint Laurent lui-même à toujours aimé le sulfureux.
« Impossible de contenter tout le monde » répond Anthony Vacarello aux critiques qui lui sont faites. « Chez Saint Laurent, il n’y a pas de compromis, il était lui-même assez polémique. Bien sûr, je préférerais que les gens aiment mais en tout cas, si c’est lisse, ce sera raté car le lisse, ce n’est pas Saint Laurent ».

Pas de soucis cette fois-ci, rien de lisse, la symbolique bien grasse est au rendez-vous.
Toujours étonnant que ce genre d’opération marketing se fasse sur le dos des femmes. Après la droite décomplexée de cet hiver, c’est le sexisme décomplexé du printemps à venir.

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Il y a plus d’un an, Saint Laurent s’était déjà illustré en Angleterre avec une publicité présentant une femme « maladivement maigre ». Tollé du public, et suite à l’intervention de l’autorité de régulation, la publicité avait été rapidement interdite.

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2010, la Cinémathèque de Paris avait organisé une rétrospective des films de Jacques Tati.
Dans le métro, l’affiche reprenant une image du film « Mon Oncle » avait été retouchée. La régie publicitaire de la RATP et de la SNCF n’avaient pas jugé acceptable que la jeunesse découvre, dans un lieu public, un homme fumant la pipe.
Il y a des limites au supportable !!!

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