12 avril 2018

Mark Zuckerberg ne veut pas dire
où il a dormi hier soir !

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Le mardi 10 avril, le fondateur de Facebook a du s’expliquer devant le Congrès des États-Unis sur le scandale Cambridge Analytica. Ce sont les données de 87 millions d’utilisateurs Facebook qui ont été « siphonnées » par l’entreprise spécialisée dans l’influence politique.

Questions réponses courtoises, ping pong sympatique, Mark Zuckerberg a laissé le tee-shirt gris au vestiaire pour enfiler un costume cravate bleue qui pose le personnage. La mine grave, il a travaillé son dossier de défense. Il a peaufiné une phrase qu’il répétera plus d’une dizaine de fois : « Je n’ai pas la réponse à cette question mais mes équipes vous recontacteront pour vous donner davantage de détails. Nous y travaillons, soyez-en sûr ! » Il l’a joue humble et profil bas et ça semble plutôt bien fonctionner.

Le sénateur démocrate de l’Illinois, Dick Durbin prend la parole. Cela dure 40 secondes, juste deux questions très simples.

« — Monsieur Zuckerberg, aimeriez-vous dire à tout le monde le nom de l’hôtel dans lequel vous avez dormi hier ? »

Mark Zuckerberg a le visage grave, il sourit et semble hésité. Silence, re hésitation.
« — Euhh, euhh… non ! »
Le fondateur de Facebook comprend, rapidement, qu’une question anodine peut-être dévastatrice. Intérieurement, « Eh mec… tout allait bien jusqu’à présent pourquoi faut-il que tu me déstabilises avec ta question à deux balles ! »

Deuxième question du sénateur qui reste calme, posé et attentionné.
Zuckerberg a réellement perdu son sourire. Il sent qu’on lui met gentiment le nez dans son caca, que les concepts de bienveillance et d’utopie qu’il vient de décliner durant la première demie heure d’audition, se retournent contre lui.

« — Si vous avez contacté des gens cette semaine, aimeriez-vous nous donner leurs noms ? »
« — Sénateur, non. Je choisirais sans doute de ne pas rendre cela publique ici.
« — Pourtant, à mon avis, c’est de cela dont il s’agit.
Votre droit à la vie privée, les limites de la vie privée, et tout ce que nous abandonnons dans l’Amérique moderne au nom de la connexion mondiale entre les humains. »

Cela a duré moins d’une minute.

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