12 novembre 2017

Les valises en bois

BT

Il y a quelques années, l’artiste camerounais Barthélémy Toguo voyageait régulièrement entre l’Allemagne et la France. Arrivé à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, la police le contrôlait systématiquement. Apparemment, les douaniers prenaient un malin plaisir à fouiller de fond en comble toutes ses valises.

Durant un séjour dans son pays d’origine, le Cameroun, Barthélémy Toguo en profita pour sculpter trois valises en bois massif qu’il emmena comme bagages à l’aéroport de Yaoundé. Il procéda à l’enregistrement de ses bagages sans problèmes. « Ce sont des valises en bois ? » Le plasticien avait accroché à chaque poignet de valise, une étiquette identifiant, comme cela est d’usage, le propriétaire.

À son arrivée à Roissy, sous le regard intrigué des voyageurs voyant passer trois valises en bois sur le tapis roulant, Barthélémy Toguo les récupéra et les déposa sur un chariot, se dirigeant vers la douane. L’incompréhension et l’excitation des enfants finirent par créer un attroupement autour de lui. Ce qui alerta les services de sécurité. Arrivèrent donc deux personnes, qui, jugeant les bagages suspects, l’emmenènent directement au service des douanes. Là, la police se mit littéralement à ausculter les bagages et à vouloir les ouvrir. Pour ces trois valises en bois, ils déployèrent un arsenal impressionnant : rayons X, torches lumineuses, laser et affichage des trois objets suspects sur écran d’ordinateurs. On demandera même à un technicien de venir couper une des valises en deux pour être sur qu’elle ne renfermait rien de particulier à l’intérieur. La vérification dura deux heures.
A la suite de quoi, Barthélémy Toguo récupéra ses trois valises, et regagna Paris en taxi.

Titre de la performance : Transit 1, 1996 - Roissy Charles-de-Gaulle airport, Paris, France

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