18 avril 2017

Les suspects de la Présidentielle

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Onze candidats pour cette Présidentielle 2017, et bien sûr se pose la question de la représentation. Pas simple de montrer onze visages sur une seule image. Et l’on a vu apparaître dans les médias plusieurs cas de figure.

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On ne l’a pas senti tout de suite… et puis, petit à petit, une mise en forme est apparue avec la primaire de la droite et de la gauche.

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De mince bandeaux qui réduisent la personne à la largeur du visage, et même dans certains cas, à une moitié de visage.
Voir à la largeur d’un œil. On réduit le candidat à presque rien. On s’approche au plus près.
[ Voir la chronique Très près ! ]

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Ne reste qu’une tranche de visage comme sur un tableau de comparaison. Au point d’être méconnaissable…
Et là, on pense à Alphonse Bertillon, le grand criminologue français, fin XIXe, début XXe siècle qui a mis en place le premier laboratoire de police d’identification criminelle. Il va créer une discipline,  l’anthropométrie judiciaire, qui s’appuiera sur des documents photographiques.

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Neutralité des visages sur fond noir, décomposition en plusieurs éléments. Méthode de comparaison. De face, de profil. Juxtaposition du front, de la bouche, du nez. On fragmente l’image du supposé coupable.

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Et c’est ce que l’on va retrouver sur nos frises de candidats à la Présidentielle.
On ne découpe que l’œil, qu’une partie du visage. Pas de sourire, pas de fond avec contexte, au contraire, tout est gommé.
On avait noté dans les différents débats le ton de procureur que pouvaient adopter certains journalistes, exigeant de tel ou tel candidat de répondre ou de se taire.
À la suite d’une allusion de Ruth Elkrief à ses affaires judiciaires, Marine Le Pen avait vivement réagit : « C’est un interrogatoire ? Le procureur a revêtu sa robe ? »

Le climat sécuritaire dans lequel nous baignons depuis plusieurs années affecte au quotidien la représentation de chacun dans notre société. On en arrive même à présenter les différents candidats à la Présidentielle comme un groupes de suspects.
Cela en fit long sur l’image des politiques aujourd’hui.

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