23 mai 2017

Les photos sont comme des lucioles

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Tikrit, Irak, en 2004

 

Le photojournaliste américain Stanley Greene est mort ce week-end, il avait 68 ans.
Ce sont ses images qui nous ont fait comprendre le drame qui se déroulait en Tchétchénie. Par cinq fois, il a été récompensé du prestigieux Word Press Photo (WPP).

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Membre des Blacks Panthers dans sa jeunesse puis militant contre la guerre du Vietnam, il devient photographe après sa rencontre avec une légende vivante de la photographie : W. Eugene Smith.

Il arrive à Paris en 1986 et commence à couvrir une actualité dramatique. Guerres, famines, destructions dans le monde entier. Puis le mur de Berlin et la chute de l’Union Soviétique. Le génocide au Rwanda, la guerre du Soudan, la catastrophe de Bhopal. Et puis la Tchétchénie de 1994 à 2001.

Il use d’une distance toute particulière dans ses photos. Une forme de subjectivité qui témoigne de son implication totale, formelle et humaine. Il n’est pas là que pour l’image, il est là pour vivre l’actualité.
La photographie vibre de sa présence, peut importe qu’elle ne soit pas parfaite.

« Il faut continuer à se poser la question de savoir pourquoi on prend des photos. »

Stanley Greene est engagé. C’est un combattant, militant que l’on sent derrière chaque image. C’est en cela qu’il n’est pas uniquement un photographe de guerre, c’est un photographe de causes humaines.

« Les photos sont comme des lucioles qu’on attrape pour les enfermer dans des bouteilles transparentes. Keith Richards, des Rolling Stones, a dit un jour que les notes de musique sont déjà en l’air et que sa guitare ne fait que les attraper. Moi, mon instrument, c’est l’appareil photo. J’ai toujours pensé que la photographie tirait sa source de la psychologie et de la mémoire. Les images sont présentes dans notre subconscient. Ce sont des situations que l’on a déjà vues ou vécues. »

Les images, Stanley Greene va les chercher au milieu de l’horreur de l’actualité, là où la vie est d’une incroyable fragilité.
Peut-être se sentir tout simplement vivant.

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Tchad, hôpital de Goz Beida, janvier 2007

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Moscou, “Octobre rouge”, tentative de putsch à “Maison Blanche” le 4 octobre 1993.

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Grozny, Tchétchénie, janvier 1995.

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Tchétchénie

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Grozny, Tchétchénie, avril 2001

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Alep, Syrie, en 2013

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Ingouchie, juin 2000

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