11 juin 2017

L’enfant

Sans titre-2

 

En Irak, la fuite éperdue des civils de Mossoul. Le Monde, samedi 10 juin 2017.

26dc11d_14096-15etktu.333med0a4i

C’est je crois, la première fois que je découvre une photo en si grand format dans Le Monde. Plus de 2/3 de la double page consacré à une photo réalisée par Laurent Van der Stockt.
Mossoul. Des centaines de civils fuient les derniers quartiers aux mains de Daech. Un enfant en larmes est grimpé sur l’attache d’une remorque. Tout le monde se faufile entre des camions rouillés, en flamme. Des bidons, des bennes remplies de gravats. Les hommes, les femmes ont des sacs et marchent tous dans la même direction. Ils s’empressent de quitter le quartier.
Au milieu de tout ce désordre, une cage à oiseaux en osier est posée sur des morceaux de débris métalliques. On devine des plumes blanches à travers les barreaux.
Les habitants de Mossoul, subissant la guerre depuis des années, ont réussi à garder des oiseaux près d’eux.

DETAIL1

Et l’on comprend que ce détail prend beaucoup d’importance dans la photo, on a même le sentiment que tout tourne autour de ça.
Quelqu’un à posé un encage à oiseaux au milieu de cet embrasement de violence.
La photo est grande, et l’on rentre plus avant dans l’image. De sentir que seuls, les enfants ont un regard tourné vers ce qu’ils quittent. Les autres, les adultes, sont en mouvement, sans se retourner.
Et puis, là, juste derrière la cage, le visage de l’enfant en train de crier. C’est la force du format qui nous permet de découvrir ce détail. Le format et le temps. Il a fallut prendre le temps d’aller chercher ce détail.

Un enfant crie, le regard inquiet. Il est seul… personne ne fait attention à lui.
Qu’a -t’il vu, pourquoi ce visage effrayé ? … seul le photographe pourrait apporter une réponse.

DETAIL2DETAIL3

« — Le 2 juin, à la fin de leur longue journée en territoire ennemi, les hommes du commando des forces spéciales irakiennes progressent dans Al-Sahah, un des derniers quartiers contrôlés par les combattants du groupe Etat islamique (EI), à l’orée de la vieille ville de Mossoul. La poche où ils sont encerclés et les kilomètres de front se réduisant de jour en jour, la résistance des djihadistes est acharnée.

Dans la confusion des combats, des tirs des snipers invisibles, des explosions de bombes et roquettes, ce ne sont pas des combattants de Daech mais des civils qui apparaissent. Le photojournaliste Laurent Van der Stockt a assisté à cette journée au cours de laquelle des centaines d’habitants ont surgi parmi les ruines. »

 

Catégories: Médias, Photographies | Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont indiqués avec *