07 septembre 2014

Frissons tout l’été

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Rentrée de septembre à Paris. L’été semble déjà loin. L’envie de garder encore un peu de légèreté.
C’est une image aperçue en marchand sur le boulevard Voltaire, dans le 11e.

«  Sur une pelouse verdoyante, au bord de la mer ou sous le clair de lune, c’est lorsqu’il est au frais que l’été est le plus délicieux. Et pour accompagner ces doux moments de détente, Nicolas vous propose toute une sélection de vins, à boire frais. »
Une affiche simple sur les vitrines du caviste Nicolas, basique et sans commentaire. Tout est dit. Un verre de vin transformé en glace bâton aux fruits, « Frissons garantis tout l’été ». Rosé et frais ! Une affiche réalisée par Publicis Dialog.

Alors bien sûr que l’on pense à Savignac, le grand affichiste français du 20e siècle. Celui qui a réalisé plus de 600 affiches dont la plus célèbre reste Monsavon, en 1949. Un modèle du genre, d’efficacité et de simplicité.

SAVIGNAC2_Monsavon

Dans Monsavon, il y a du lait. Oui, donc pourquoi faire compliqué ? Le lait c’est la vache. Une idée toute simple, toute bête, claire et immédiatement perceptible. Savon/lait/vache. Le savon se forme directement sous les pis d’une vache à l’air joyeux.

« L’affiche est un scandale visuel, sa lecture doit être instantanée. En une fraction de seconde, l’homme de la rue doit percevoir ce qu’elle veut dire. L’affichiste doit donc dessiner gros : gros comme Guignol qui a du style et n’est jamais vulgaire » (Savignac Affichiste: un homme et son métier, éd. Robert Laffont).
Un sens du raccourci, du gag visuel qui permet la compréhension par tous.
Et puis l’on sent autre chose, plus intime, une poésie toute particulière qui a sans doute à voir avec la gaieté et la légèreté.

Qui a sans doute à voir avec l’enfance, et là, ça parle à tout le monde.

Vocation
— « Tu ne feras jamais rien dans la vie, mon pauvre ami. Tu aimes trop le sirop de rue. »
Si votre père, galopin, vous tient un jour ce propos amer, c’est le signe.
Il est temps d’arrêter vos études et de faire l’affichiste.
(Savignac, L’affiche de A à Z, éd. Hoëbeke)

Catégories: Divers, Illustrations, Médias | 2 commentaires

(2) commentaires

  1. J’aime cette idée simple de structure d’articles : deux images qui se répondent l’une l’autre et une histoire entre elles deux…

    Je trouve que la fin sur « l’enfance » et sa légèreté et bien c’est ça la vraie fin du texte. Il me semble que la citation sur la vocation est plus lourde. Comme ces plombs que l’on met dans les rideaux pour qu’ils tombent bien droits. Raides. Mais l’enfance c’est plus un voilage, léger et qui laisse passer la lumière ou le vent ou le chat, non ?

    En parlant d’enfance, j’aime O nº 54 « Les secrets des enfants » : une édition Robert Morel, Il y en a plein, des petits trucs très légers et tout ronds. Un indispensable pour une rentrée légère.

  2. Même en plein Paris, même sous 8 degrés, cette image prend sens et nous donne envie de vacances. Sa fraîcheur, sa simplicité, on pense aux glaces à l’eau sur la plage bien qu’il s’agisse de vin. Ce vin est associé à un plaisir, à l’enfance, la douceur ce qui est peu commun pour de l’alcool. Là est toute la force de cette publicité de donner un ton à contre-courant des diktats habituels par son fond, et sa forme, que l’on mémorise facilement. Le vin, au cœur de la culture française parle à tout le monde et cela vaut pour toutes les époques, ce qui aide l’impact de cette affiche. Seul le bandeau de prévention face à l’abus d’alcool nous rappelle que nous sommes en 2014 et que la joie qu’il nous procure est elle éphémère.

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