09 novembre 2016

Et logiquement Trump

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Pourquoi c’est revenu quelques minutes après avoir découvert la victoires de Donald Trump aux Etats-Unis ?

C’est peut-être les expressions utilisées ce matin, par la presse et la radio : cauchemar, stupeur, stupéfaction, période sombre, abbération, Amérique entre les mains d’un clown, mauvais rêve, crainte, incertitude, horreur, horreur absolue… sidération, interrogation… désespérance… choc, perdition, … mécontentement. Impensable.

C’est l’image des Klurs qui est revenu.
Jocelyne et Serge Klur, le couple vivant près de Valencienne, licenciés par le groupe LVMH de Bernard Arnaud.

Un couple au chômage que l’on découvre dans le film de François Ruffin, Merci Patron.
Leur usine a été délocalisée en Pologne. Ils sont criblés de dettes, risquant désormais de perdre leur maison.

Dans cette région du Nord, le chômage est massif et les habitants désespérés. Le discours du Front National pénètre tous les milieux. Et toujours les médias, les experts, les consultants d’expliquer que… oui, bien sûr, Marine Le Pen fait un score impressionnant, mais que les digues tiennent. L’esprit républicain quand même… !!!
Et l’on retrouve ce que l’on entendait ces derniers jours aux Etats-Unis : « Le peuple américain ne va quand même pas élire un idiot à la présidence ! »
Sauf qu’à l’image de mon quartier parisien qui représente une bulle, les médias et les experts n’ont pas d’idées très précises de l’état de désespérance des gens en France.
Tout le monde s’appuie sur des chiffres, des projections, des études… sans aller voir sur le terrain.

Le Wisconsin par exemple, pas une fois durant la campagne, l’équipe de Clinton ne s’y est rendu pour rencontrer et écouter les habitants. L’Etat semblait acquis aux Démocrates, pourquoi aller voir ? Et les journalistes de caler leurs pas sur celui des politiques… pas un journalistes n’a fait le déplacement dans cet Etat  « gagné d’avance »

Ce midi, les commentateurs rappelaient (enfin) ce qui se passait aux Etats-Unis à l’époque du maccarthysme, c’est à dire 1950/54 : les gens qui étaient communistes ne le disaient pas. Aujourd’hui, c’est pareil, aussi bien en Amérique qu’en France.
Les sondages sont complètement faussés, biaisés. Les langues se délient pour certains, mais pas suffisamment pour avoir une « photographie » précise du pays.

Il y a quelques semaines, partageant un plat de lasagnes avec des amis, je posais la question : « Il y en a beaucoup autour de la table, qui ont un proche au chômage ?»
« Non, pas vraiment ! Non, c’est vrai que l’on est relativement épargnés… mais on ne va pas s’en plaindre… ! Non ? Elles sont vraiment bonnes ces lasagnes aux légumes… »

« Moi, ma sœur qui vit dans le Centre de la France, et qui est coiffeuse à domicile, elle me dit que les gens sont totalement désespérés, ne croient plus en rien. Le chômage, les petits boulots c’est massif ! C’est dans toutes les familles que plusieurs membres sont touchés par le chômage. »

Alors ce matin, si nous sommes abasourdis, sonnés debout, c’est peut-être que l’on découvre ce que l’on avait simplement sous les yeux.
Il reste quelques mois pour les ouvrir les yeux, en grand.
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Catégories: Médias, Société | Laisser un commentaire

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