12 avril 2014

Epsaa1- Three women

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Three Women (2008) de Bill Viola. Cette œuvre fait partie de la série Transfigurations.
Trois femmes à trois âges différents. Une fillette, blonde qui tient la main d’une jeune femme. Entre les deux, un rideau d’eau. Un écran. Un premier plan net, en couleurs, un arrière plan granuleux en noir et blanc.

Et puis la lenteur qui dilate le temps. C’est peut-être ce qui apparaît avec force dés les premières vidéos de l’exposition du Grand Palais : nous ne sommes plus habitués à prendre le temps de simplement regarder une œuvre. Depuis 30 ans, 40 ans, la télévision, le cinéma ont modifié notre perception de l’image dans un rythme sans cesse plus accéléré.
Ce temps nécessaire pour nous poser une question que nous nous posons régulièrement, depuis plus d’un an, dans le cadre du cours de critique d’images à l’Epsaa « Qu’est-ce que je vois ? » Non pas « Qu’est-ce que je sais » ou « Qu’est qu’on me dit de voir ! », mais « Qu’est-ce que je vois, là, devant moi ».
Oublier le discours, le bavardage historique, intellectuel, pour en revenir à l’image, à la force de l’image. « Là, spontanément, quelle est cette émotion liée à ce que je vois ? »

D’où vient ce sentiment particulier devant une œuvre de Bill Viola ?
Le monde s’accélère, l’image de Bill Viola se dilate et ralentit le temps.
Il y a quelque chose derrière l’image, derrière le temps qui s’étire devant nos yeux, quelque chose que nous ne voyons pas mais qui fait écho, qui vibre en nous, d’une force incroyable, violente. Une violence qui se rapproche.

« C’est l’endroit où l’eau est la plus profonde qu’elle est la plus calme. »
William Shakespeare, Henri VI, IIe partie, acte III

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[Vidéo Three Women (2008) de Bill Viola]

https://www.youtube.com/watch?v=P_IYgDLBSt0

Catégories: Divers | 1 commentaire

Un commentaire

  1. Au premier abord cette vidéo me met assez mal à l’aise de par sa lenteur. Je la trouve à la fois belle dans sa réalisation, l’effet avec l’eau est impressionnant, et très glauque. Je me sens presque incapable d’expliquer ce genre de performance. Pour moi les trois femmes d’âges différents reflètent peut être la vie d’une seule et même personne, sa naissance et sa mort à travers le rideau d’eau.
    Globalement le travail de Bill Viola ne me touche pas vraiment, j’ai beaucoup de mal à rentrer dans son travail pour le comprendre. Cependant, ses effets visuels sont toujours très réussis et c’est ce qui me permet d’apprécier tout de même ses oeuvres.

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