11 novembre 2016

Divines violences

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Divines, c’est deux filles filmées par Houda Benyamina. Dounia la « bâtarde » d’origine rom, et Maimouna, sa copine black, un peu ronde.
Dounia refuse tout et décide de travailler pour Rebecca, une dealeuse respectée.

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Et puis il y a la rencontre avec Djigui, un danseur hip hop, troublant de sensualité.
Un soir, Dounia grimpe dans les cintres du théâtre et regarde le garçon travailler ses mouvements. Des mouvements brusques, chargés d’émotion et d’agressivité.
Bouleversée et fascinée, elle reviendra et descendra lui parler.

Alors bien sûr que c’est un film sur la banlieue, la violence et le machisme. Vivre dans un monde d’hommes quand on a 15/16 ans et que l’on n’a comme perspective que des petits boulots mal payés.

Le film montre la violence comme rarement on a pu la voir, la violence vue par une réalisatrice femme.
La violence que vivent les jeunes de banlieue, dans leur corps, dans leur chaire…une violence qui peut déboucher sur le risque physique et la mort.
Et puis, d’un autre côté, une violence culturelle qui passe par la danse, par les mouvements.
La mise en danger sur scène. Réelle mais sur scène.
Quand on vit à Paris ou dans une grande ville, c’est généralement la violence auquel on a accès… persuadé de comprendre la violence physique de la banlieue. Les images, les textes, les spectacles… la violence vu de l’espace confortable de son fauteuil. La violence à travers le filtre de la culture.
Ce filtre est un fossé, un no man’s land invisible.

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Divines le montre très bien.
On ne peut pas comprendre la violence par procuration. Il faut la vivre physiquement avec le risque que cela comporte.
Le risque de s’y perdre ou de perdre la vie…
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Catégories: Médias, Société | Laisser un commentaire

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