16 janvier 2017

Dans la gueule de l’arbre

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Ce sont de très gros arbres.
Cela se passe au États-Unis au début du XXe siècle. Et c’est sans doute parce qu’ils sont très gros que l’on a convoqué un photographe pour immortaliser la scène.

Le photographe demandait aux bucherons de poser près du tronc ce qui permettait d’avoir une idée du diamètre de l’arbre.
Un diamètre de 3, de 5 et pour certains, 7 mètres.

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Cette tradition de placer un homme comme repère visuel remonte à la naissance de la photographie.
Maxime Du Camp utilisait déjà, en 1852, un assistant local pour poser sur la tête du Colosse du spéos de Phré, en Nubie. Il s’agissait de donner une échelle sans avoir recours à un élément de mesure artificiel. Que l’on comprenne visuellement que cette tête était gigantesque.

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On sent de la fierté chez ces bucherons, de poser comme pour un trophée de chasse où l’on met son pied sur l’animal mort.

A plusieurs reprises, dans cette série, on retrouve une photo intermédiaire avec les bucherons allongés dans l’entaille d’abattage faite dans le tronc. Sans doute l’envie pour ces hommes s’attaquant à de véritables monstres naturels, de braver la peur de se faire écraser à l’intérieur de l’arbre.

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Sentir son cœur battre comme à Rome, à Santa Maria in Cosmedin.
Là où le visiteur découvre la Bocca della Verità (Bouche de la vérité). Il doit introduire sa main dans la bouche et dire une vérité devant les personnes présentes. S’il ment, la bouche se refermera et l’orateur perdra la main. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est que ce grand médaillon de pierre n’est autre qu’une ancienne bouche d’égout avec cinq sorties d’eau, correspondant aux cinq orifices de la tête (yeux, nez et la célèbre bouche). Quelque soit l’origine de cette représentation, chacun éprouve toujours la même appréhension en glissant sa main dans l’orifice buccale.

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La renommée de cette Bocca vient sûrement du film « Vacances romaines » où Gregory Peck expliquait cette étrange légende à Audrey Hepburn. D’autres histoires circulent sur la Bocca, selon lesquelles les policiers l’utilisaient pour retrouver des  boucs émissaires à qui ils coupaient les mains ou bien encore dans laquelle les hommes introduisaient des scorpions pour voir si leur femme les avaient trompé.

L’histoire ne dit pas si quelques bucherons infidèles ou menteurs, ont étés écrasés par des arbres multi-centenaires qu’ils s’apprétaient à abattre.
Etrange comme une simple entaille développe tout un imaginaire de perte ou de bravoure !

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Enfant, j’allais souvent avec mon père chez l’armurier du quartier. Il vendait aussi des articles de pêche, des appâts pour les carnassiers de rivière.
A l’entrée, près du comptoir, un renard empaillé avec une large gueule ouverte vers le ciel, servait de porte-parapluie.

Et chaque fois, j’adorais faire un geste qui me faisais frémir : je me mettais sur la pointes des pieds et je plongeais mon bras dans la gueule de l’animal. Tout au fond et j’attendais. J’attendais en me disant que j’étais plus fort que lui.

[ Voir l'article : Un cadavre exquis ]

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